mardi 12 octobre 2010

La montagne, ça vous gagne !

Les gens qui me conaissent un petit peu savent que j'ai grandi à la ville, entre les tours des Hautes Bergères et les cris des enfants des Millepertuis. Et même si depuis je vois les champs de Saint Jean de la fenêtre de ma chambre, je suis restée plutôt citadine dans l'âme. Mais parfois, qu'on se le dise, trop de ville tue la ville.

Marre des embouteillages et des bruits de klaxons ? Marre des gens qui font la gueule dans le métro ? Marre de la pollution dans tes narines ? Marre du bitume tout gris qui te fout le moral à zéro ? Marre des pigeons qui sont toujours là pour te ruiner ton beau tailleur ou ta nouvelle coupe de cheveux ?

Viendez les gens, je vous amène près de la nature. Là où tout est plus vert, plus grand, plus sain. Là où tu peux te ressourcer et recharger tes batteries avant d'affronter une semaine de travail intense (ou juste un ou deux devoirs à rendre...). Et la nature au Japon les gars, c'est au Mont Fuji que ça se passe... eh ouai !

  • JOUR 1 : MI FIGUE MI RAISIN

En arrivant à Kawaguchiko, petit lieux-dit au pied du Mont Fuji, je me sentais déjà bien. C'est psychologique hein cette façon qu'on a de se dire ah ba voilà je suis à la campagne/montagne/mer alors tout de suite ça va mieux! Jsais pas il doit y avoir un truc dans l'air qui fait que dés ta sortie du bus t'as l'impression de pouvoir mieux respirer. Ou alors c'est ces 5h dans ce bus ô combien confortable qui y sont pour quelque chose...

Quoi qu'il en soit, dés notre arrivée on a décidé de faire un tour du lac Kawaguchi, un des 5 lacs avoisinant le Mont Fuji. La météo est moyennement moyenne mais tant qu'il ne pleut pas, nous, ça nous va ! Je découvre un paysage magnifique, toutes ces collines toutes vertes qui arborent l'immense lac, les pêcheurs ultra concentrés, la pelouse ultra verte et bien tondue. En chemin, je tente quelque chansons guillerettes mais le groupe ne me suit pas...c'est dingue depuis VLV! je pensais que tout le monde connaissait "J'ai une tante qu'est au Maroc et qui s'appelle Hiphop" mais en fait non. Désespoir number one.

Au fil de notre promenade (qui aura duré en tout et pour tout 3h30 quand même!), et entre deux reflexions sur le sens de notre vie sur terre, la question qui tarrode tous les esprits est : Fuji San wa doko desu ka ???? (Oui, je pense en japonais désormais, preuve de ma bilinguité ?). Où est le fameux, le majestueux, que dis-je, le merveilleux Mont Fuji se demande t-on. Eh bien, ce qui est sûr, c'est qu'on le voit pas. Faut dire qu'avec tous ces nuages c'est pas easy easy de voir à 500m donc bon...Désespoir number two.

Pas de Mont Fuji à l'horizon ? Ok, pas grave nous on est des fous, on veut grimper le Mont Agawaquelquechose pour avoir une meilleure vue, on sait jamais. "Grimper" est vraiment le terme aproprié. Au bout de 7min30 et une montée beaucoup, beaucoup, beaucoup trop raide à mon goût, je suis ecarlate et transpirante. (Note à moi même : penser à se remetttre au sport un jour). Du coup, oui, on a une belle vue. Mais 1) toujours pas de Mont Fuji et 2) mon rythme cardiaque danse le Mia. Les trois plus feinéants descendent donc et rentre à la nuit tombée (à 17h30 quoi). Les autres, courageux et témeraires, n'auront pas eu le temps d'atteindre le sommet...Désespoir number three.



  • JOUR 2 : Where is my umbrella ?

A la base, le programme du jour était de louer des vélos à l'auberge où nous étions, de nous ballader le long des lacs, de visiter les grottes, d'apercevoir peut être le Mont Fuji et d'être heureux. Sauf qu'on avait pas forcément prévu le déluge s'abattant sur la région. C'est simple, il a plu TOUTE la journée, et pas qu'un peu mon neveu. On a donc troqué les vélos par le bus. Ca vend moins du rêve tout de suite hein.

Direction la première grotte. The Bat Cave. La grotte aux chauve-souris quoi. Là tout de suite si vous me connaissez un temps soit peu vous vous dites normalement "Virginia dans une grotte où il y a des chauve-souris ??? Impossible!". Ok c'est une de mes phobies les plus fortes mais j'avais décidé de la dépasser. Je vous dis, la montagne ça vous gagne. En vrai, je faisais pas la fière devant les photos de ces immondes créatures à l'entrée de la grotte. C'est quand même sacrément moche et flippant comme animal, non ? Mais bon, pas de panique, aucune chauve-souris n'a fait son apparition durant la "visite". Je dis visite entre guillemets car 5 min dans un trou où parfois il faut se mettre accroupi pour passer et où t'as l'air assez con avec ton casque qui te tombe sur les yeux toutes les deux secondes, c'est moyen moyen comme activité (et surtout activité PAYANTE).

Heureusement, on a sauvé la mise de cette journée qui s'annonait pourrave en visitant le charmant village de jenesaisplussonnom. Enfin, la reconstitution du village (qui a été rasé après un typhon jenesaisplusquand). Très précis cette article. Particularité du village : des maisons avec toît de chaume et un paysage magnifique en arrière plan. Mais la cerise sur le pompon du gâteau c'etait la découverte d'une maisonette où tu pouvais te déguiser en geisha ou samourai ! Les photos parlent d'elles mêmes, on était comme des gamins.

"Visite" d'une autre grotte (de lave cette fois-ci) encore plus ininteressante que la première. Passage obligé par les magasins de souvenirs à l'efigie du Mont Fuji. Bête de TG soit dit en passant ! (non pas Ta Gueule mais Tête de Gondole pour les marketeux)

Avec toute cette pluie et ce froid, il nous fallait bien un moment détente. Le onsen a côté de notre auberge s'en est chargé. Virginiaaaaaa, c'est quoi un onsennnnnnnnnn ? Un onsen mes petits, c'est un bain thermal japonais. Un bain avec de l'eau brûlante qui est normalement de source volcanique. Une grande experience. Déjà, il faut savoir que la plupart des onsens ne sont pas mixtes. Pour cause, la nudité y est de rigueur. Oui, oui, vous avez bien compris. Je me suis mise nue devant une vingtaine de japonaises qui elles aussi étaient nues, pour faire trempette dans une eau bouillante, qui te fait tourner la tête et accelère les boum boum de ton coeur. Je ne rentrerais pas dans les détails mais ça relaxe vraiment. Le sauna et les douches d'eau froides y sont aussi pour quelque chose. A refaire.

Sinon, toujours pas de Mont Fuji à l'horizon.







  • JOUR 3 : ALLELUIA !

En ce merveilleux dimanche, je me lève, et je te bouscule. Non, c'est pas ça. Je me lève, et je me dis : dernier jour pour voir le Mont Fuji, c'est pas gagné. Surtout que la veille on avait checké la méteo et qu'ils prévoyaient de la pluie et des orages. Ne jamais se fier à la météo. Pas de pluie, des nuages par ci par là mais ça passe. On se rend donc au téléphérique de Kawaguchiko pour avoir la chance peut être d'apercevoir ce p***** de Mont Fuji. Mais bon, à part un lapin qui monte sur un ecureuil-ours-raton laveur en train de pleurer on a rien vu de bien interessant.

On décide de se balader autour du lac car le temps s'améliore. Je suis ultra tentée pour faire un tour de pédalo, surtout s'ils sont en forme de cygne! Je me vois déjà tout donner dans le cygne rose quand on m'annonce le prix. Ok, merci, aurevoir. D'ailleurs, à l'avenir je vais reflechir a deux fois avant de demander "ikura desu ka?" (combien ça coûte ?). Le mec a cru que j'étais bilingue et m'a enchaîné en agrémentant le tout de petites tapes amicales dans le dos, qui m'ont littéralement décollé la colonne vertébrale..

On se promène tranquilement quand tout d'un coup, un de mes compagnons d'aventure se retourne et nous lance un magique "eh les gars, c'est le Mont Fuji là-bas!!!". Ahaha bonne blague, je pense. En vrai, c'était le Mont Fuji. Le vrai, l'unique, le salopard de Mont Fuji qui s'était caché les deux premiers jours et avait enfin décidé de se montrer ! Bon à ce moment, on ne voyait que le bout de son sommet. Mais vous pouvez pas savoir comme on était heureux! Après un grand tour et un picnic sous la canicule plus tard, Fuji San nous a offert un beau spectacle.

Finalement, tout vient à point à qui sait attendre.






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